Comment aborder l'entretien annuel d'évaluation autrement ?

L’entretien annuel d’évaluation, c’est un peu comme la visite médicale. Chacun se plie à l’exercice car c’est obligatoire, mais personne n’y prend plaisir. Si vous êtes du genre à ne plus dormir trois semaines avant l’entretien, voici quelques constats qui pourraient vous aider à relativiser !

S’agit-il d’une réminiscence de vos épreuves orales du Bac, ou simplement parce que vous retrouver seul face à votre manager ou votre employeur, suffit à vous occasionner des montées de tension ? Pour vous aider à prendre toute la distance nécessaire et faire de ce rendez-vous annuel, un moment qui contribue à améliorer votre bien-être dans l’entreprise, voici quelques réalités à admettre de toute urgence…

Réalité N°1 : L’entretien annuel… ça saoule tout le monde !

L’entretien annuel d’évaluation n’est, au bout du compte, qu’une formalité à laquelle il faut satisfaire. Ce qui vaut pour vous, salarié, vaut pour votre employeur ou votre manager. Acceptez l’idée que ces entretiens sont chronophages pour celui que les enchaîne ! Vous n’en avez qu’un à subir, votre boss des dizaines… Et si c’était lui qui était à plaindre ? Vu sous cet angle, l’entretien sera peut-être plus facile à aborder ?

Réalité N°2 : Si l’entretien annuel servait à licencier, ça se saurait !

Pensez-vous réellement que votre manager ait réellement envie de consacrer plusieurs de ses journées à piéger ses collaborateurs ? Sûrement pas ! « Personne n’a intérêt à ce que les entretiens se passent mal et en toute objectivité, observe Pascal Grémiaux, PDG et fondateur d’Eurécia, éditeur d’un logiciel 100% web de gestion administrative du personnel et de gestion des talents, une entreprise n’a, dans tous les cas, pas besoin de ces entretiens pour décider du sort de ses collaborateurs. Il est essentiel de sortir de ces schémas désuets de lutte des classes stériles, hérités du passé ».

« Une entreprise n’a, dans tous les cas, pas besoin de ces entretiens pour décider du sort de ses collaborateurs. »

Réalité N°3 : Plus aucune entreprise ne fixe des objectifs annuels…

Réfléchissez une minute à la façon dont vous remplissez les missions qui vous sont dévolues… Les objectifs qui vous sont fixés le sont-ils à 12 mois ? Bien sûr que non ! « Les temps business ont changé, le rythme s’est accéléré, plus aucune entreprise ne fait le point sur des objectifs annuels, affirme Pascal Grémiaux. Si vraiment le salarié n’est plus à la hauteur de ses missions, les managers n’attendent pas un an pour le lui faire savoir ». Il faut donc relâcher la pression sur cet entretien ! Si cela va mal pour vous, vous le savez déjà. L’entretien pourra peut-être vous aider à trouver des solutions constructives !

Réalité N°4 : Croiser votre manager n’a plus rien d’exceptionnel

« Le monde de l’entreprise a évolué, indique Pascal Grémiaux, nous sommes entrés dans l’ère du collaboratif et les liens se sont resserrés entre les collaborateurs et les managers. Cet entretien annuel obligatoire est une base légale minimale mais dans la réalité, les collaborateurs sont en contact permanent avec la hiérarchie…. Il faut donc envisager cet entretien différemment ! ».

Quelques conseils pratiques !

Si l’entretien annuel est une occasion de faire le point sur le ressenti du salarié et du manager sur la relation qui les unit, si cet entretien doit être frappé au coin de la sincérité, cela n’interdit pas un minimum de diplomatie ! Voici quelques formulations qui pourrait vous aider à vous tirer de questions appelant une réponse un peu trop directe.

A la question :

« Que pensez-vous de votre N+1 ? », ne dîtes pas, « C’est un vieux lourdeau qui ne comprend pas les nouveaux enjeux de l’entreprise », mais dites plutôt « malgré nos divergences de vues générationnelles, nous apprécions de confronter nos points de vue afin de faire avancer l’entreprise ».

– « Vous reconnaissez-vous dans les valeurs de l’entreprise ? », ne dites pas, « sûrement pas, dès que j’ai l’occasion, je vais voir ailleurs », mais dîtes plutôt, « je ne m’épanouis pas toujours dans l’accomplissement de mes missions et je suis par conséquent toujours à l’écoute des opportunités qui s’offrent à moi ».

– « Etes-vous satisfait de votre rémunération ? », ne dites pas, « Avec votre politique salariale de grippe-sous, je ne vois même pas comme vous osez me poser cette question ! », mais dîtes plutôt « Je sais que chacun doit consentir des efforts, en ces temps difficiles, mais j’accepterais volontiers une augmentation »