Le_bleisure_ou travailler_en_gardant_le_sourire

Associer travail (business) et loisirs (leisure) lors du même déplacement professionnel, c’est le principe du bleisure.

Le mot bleisure vient de l’association des termes « business » (travail) et « leisure » (loisirs). Le concept du bleisure ? Mettre de l’agrément dans un séjour professionnel à l’hôtel. Une formule adoptée par 20% des voyageurs d’affaires, selon Carlson Wagonlit Travel. Le bleisure se pratique de deux manières. Le client peut ponctuer sa journée de travail de moments de détente dédiés (spa, piscine, cocktail…). Il peut aussi prolonger un séjour pro en restant une à plusieurs nuits pour se détendre, visiter… En étant éventuellement rejoint par des proches. Le bleisure est prisé par 60% des professionnels en déplacement, selon le site voyage-d-affaires.com . Cette tendance se développe autour d’axes innovants :

  • Une écoute accrue

Savoir à l’avance si le client préfère un petit-déjeuner léger (donc facturé à prix doux), savoir lui proposer la meilleure expo du moment en fonction de son emploi du temps… Le service sur-mesure passe par l’écoute.

« Faire de la veille, en particulier sur les réseaux sociaux, permet d’analyser et d’interpréter », explique Nelly Fhima, directrice de l’agence Post & Buzz spécialiste de la communication digitale dans l’hôtellerie. « Cela permet de voir ce qui peut être amélioré ».

Par exemple, adieu le casse-tête des notes de frais en voyage lorsqu’on est rejoint par son époux(se). Un logiciel professionnel dédié à l’hôtellerie, Hotel Optimiser, a récemment vu le jour. Il permet de créer facilement deux factures, la première avec les frais pro, la seconde avec les dépenses loisirs. Un bon moyen de rester discret vis-à-vis de son employeur !

  • L’hôtel, un lieu flexible

« Il faut permettre au voyageur de donner rendez-vous à l’hôtel où il réside », plaide Caroline Piel, directrice d’Hôtels en Ville, une collection d’établissements comptant plusieurs 4 étoiles.

« Ce service a longtemps été l’apanage des palaces, mais il se démocratise. À l’hôtel Da Vinci, dans le 6e arrondissement de Paris, nous réaménageons chaque jour la salle du petit-déjeuner en espace business avec wifi gratuit. C’est le minimum ! ».

Transformer sa chambre d’hôtel en salle de restaurant privée ? Au Chat Noir, à Paris, l’une des chambres propose dans sa partie duplex une vue imprenable sur la capitale… Ainsi qu’une salle à manger pour 14 personnes donnant sur une cuisine ouverte ! Au client de faire venir un chef, ou de cuisiner pour ses invités.

  • High-tech à la pointe

« Pour passer de trois à quatre étoiles, il faut cumuler des points », révèle Nelly Fhima. L’un des critères-clé pour être éligible, c’est de proposer un équipement high-tech digne de ce nom. Le prêt d’ordinateurs, de tablettes ou de lecteurs DVD est aujourd’hui indispensable ».

Pour aller encore plus loin, des hôtels optent pour des solutions hyper connectées comme DringMe, qui met un smartphone à la disposition des clients. Qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur de l’hôtel, ils ont accès à la 4G, à des applications préinstallées, que ce soit pour appeler un taxi ou réserver un massage dans leur chambre.

En avril, Hôtels en Ville ouvrira un hôtel stratégiquement placé face à la Gare du Nord, 100% axé bleisure. Le working lounge sera doté d’une multitude de prises de courant et d’espaces pour travailler. Un accord a même été signé avec la SNCF pour que des écrans annonçant les départs et arrivées des trains soient installés dans l’hôtel, situé à deux minutes à pied. Un retard de 40 minutes ? Le client peut rester un peu plus, pour prendre un café ou finir un dossier.

Sur un plan plus corporate, la chaîne d’hôtels Mama Shelter (4 établissements en France), connue pour son univers branché, propose aux entreprises d’accueillir séjours pros et séminaires dans un cadre mêlant décontraction (baby foot pour 16 joueurs, terrasse privative, concerts le soir…) et déco urbaine signée Philippe Starck. Un bon moyen de réunir ses salariés dans un lieu dépaysant sans avoir à partir à l’autre bout du monde.