Bureau de demain

Comment les étudiants voient-ils idéalement leur bureau de demain à la sortie de l’école, à l’heure où l’immeuble, devenu un outil de management, est de plus en plus souvent considéré comme un levier de performance dans l’entreprise, mais aussi à l’heure où le Grand Paris ambitionne de redessiner la géographie tertiaire de l’Île-de-France ?

 En 2013, notre enquête Mon bureau de demain menée par la Chaire Immobilier et Développement Durable de l’ESSEC avait – en donnant pour la première fois la parole aux étudiants et à la jeune génération – globalement conforté le discours dominant s’agissant des espaces de travail souhaités, à savoir la désaffection du bureau classique d’administration et de l’open-space ainsi que l’appétence pour les espaces de coworking et le travail à domicile.
Notre nouvelle enquête Mon bureau de demain, menée en mai et juin 2016 auprès de quelque 400 étudiants de l’ESSEC, vient actualiser et enrichir nos résultats d’il y a trois ans.[1] Tiers-lieux, travail à domicile, bureaux « à la Google », déclin de l’open-space… La reconduction de notre enquête à trois ans d’intervalle vise à esquisser une distinction entre les effets de mode des tendances de fond, s’agissant des lieux du travail et de leur aménagement.

La dictature du cool : désormais renversée

Entre 2013 et 2016, une constante de taille peut être identifiée : les étudiants sont toujours aussi nombreux à afficher l’importance que revêtiront les espaces de travail dans le choix de leur futur employeur, puisque ceux-ci sont déterminants pour 36 % d’entre eux. Pour le reste, il semblerait bien qu’un certain nombre d’effets de mode, liés à la diffusion de l’image des « bureaux à la Google », soient aujourd’hui en train de marquer le pas. Ainsi l’extrême inverse du bureau classique, celui-là même que l’on pourrait appeler « à la Google », est loin de remporter tous les suffrages. En effet, 31 % émettent des réserves à son sujet tandis que 12 % portent un regard franchement négatif sur ces espaces.

« Les bureaux à la Google sont sympathiques au premier abord, mais à la réflexion on tire vers la non-distinction entre sphère privée et professionnelle et j’ai l’intime conviction que c’est courir à notre perte. Donc ce qui est applicable pour Google ne l’est peut-être pas pour toutes les entreprises ! »

Si cette réserve à l’égard de ce que certains critiquent comme « la dictature du cool » mérite d’être relevée, l’extrême opposé qu’incarne le bureau classique d’administration ne fait pas pour autant rêver les étudiants : il n’a la préférence que de 13 % d’entre eux. Alors, quelle est donc l’organisation de l’espace qui remporte leurs suffrages ? Les campus arborés – comme ceux qui se multiplient en petite couronne francilienne – et les espaces de coworking – qui ont connu une croissance exponentielle ces dernières années – sont loin d’être plébiscités (respectivement 6 et 11 %). La bulle de travail dans un espace naturel, modèle qui évoque fatalement le futur campus d’Apple à Cupertino prévu pour 2017, recueille davantage de suffrages (22 %) mais demeure devancé par… un lieu qui ne ressemble pas à un bureau (23 %) ! Dans le même temps, une très large majorité d’étudiants (87 %) marquent leur attachement à l’action de se rendre au bureau. Aller au bureau, oui, mais s’il ne ressemble pas à un bureau, c’est mieux ! Compliquée, la génération Y ?

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