deconnexion

Pour prévenir les excès, le stress, la fatigue et même parfois le burn-out des collaborateurs, la dernière Loi Travail invite les entreprises à organiser et à imposer la déconnexion de leurs salariés. Oui mais comment s’y prendre ?

D’après une étude intitulée « Les cadres et l’hyperconnexion » publiée en juin 2016, il apparaît que 77% des cadres accèdent à leur mail en dehors du bureau. Parmi eux, près d’un tiers (31%) déclare consulter « souvent » ses communications professionnelles pendant les vacances et les week-ends. 53% d’entre eux restent connectés pour s’assurer qu’il n’y a pas de problème en leur absence et ils sont 63% à le faire pour éviter d’être débordés à leur retour.  A l’opposé, un quart des cadres interrogés (23%) ne consultent jamais ses communications professionnelles en vacances et en week-ends ; ils sont 82 % à juger anxiogène cette connexion quasi-permanente.

De bonnes intentions

Pour éviter cette spirale infernale, protéger ceux qui déconnectent et préserver ceux qui ne déconnectent jamais, la loi Travail, entrée en vigueur le 1er janvier, prévoit un droit à la déconnexion.  Censé assurer aux salariés un réel temps de repos et de congés, ainsi qu’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, l’article 55 de la loi prévoit que toutes les entreprises de plus de 50 salariés ont obligation de négocier avec les partenaires sociaux les modalités permettant à un salarié d’être protégé s’il a coupé son smartphone le soir ou le week-end.

Quelques principes de base…

Le droit à la déconnexion, c’est avant tout miser sur le bon sens. C’est d’ailleurs ce qui pouvait déjà exister soit sous la forme d’accord tacite, soit dans le règlement intérieur de nombreuses entreprises ! On pose alors le principe simple suivant lequel on évitera toute interaction professionnelle (email, invitation, visioconférence ou appel téléphonique) avant 8h30 et après 18 heures. Ainsi, les problématiques d’hyperconnexion soient en partie résolues en s’appuyant sur la bonne volonté de chacun ! La loi prévoit cependant un accord d’entreprise. Puisque les règles doivent être couchées sur le papier et qu’il ne faut pas que ce droit à la déconnexion soit un frein à l’activité de l’entreprise, quelques garde-fous doivent être envisagés. Dans le cadre de l’accord à négocier, il faudra soumettre le droit à la déconnexion au traitement d’urgences avérées.  Dans tous les cas, l’usage de la messagerie électronique ou du téléphone professionnel en dehors des horaires de travail devra être justifié par la gravité, l’urgence et/ou l’importance du sujet.

Le dialogue : vecteur de succès

La plupart des entreprises qui se sont déjà engagées sur la voie du droit à la déconnexion ont mesuré l’importance du dialogue ! Il est ainsi fortement recommandé de prévoir, dans le cadre de l’accord, des bilans semestriels ou annuels pour faire le point sur le dispositif et détecter d’éventuels ajustements. A l’instar ou à l’occasion des entretiens annuels individuels, les managers pourront prendre le pouls des modalités de la déconnexion en se laissant guider par un double impératif : le bien-être des collaborateurs et l’efficacité de l’entreprise !

Des initiatives intéressantes !

Le principal défaut de l’article 55 de la Loi Travail, c’est l’absence de recommandations précises. Pour vous aider, voici quelques suggestions de pratiques simples mais susceptibles de fonctionner :

  • Mettre en place des plages de déconnexion la semaine et le week-end,
  • Automatiser l’envoi différé des emails tardifs et de leur(s) réponse(s) par le biais de règles de messageries,
  • Activer automatiquement le mode “Ne pas déranger” des smartphones ou durant les plages de déconnexion,
  • Bloquer les connexions aux serveurs informatiques pendant les plages de déconnexion,
  • Systématiser la restitution des ordinateurs et smartphones professionnels pendant les congés. Extrême… mais efficace !