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Savourer le confort d’un hôtel près de chez soi le dimanche soir ? C’est le principe du staycation. Un séjour ultra-court, local et abordable, qui fait du bien au moral et permet de retourner au bureau le coeur léger et la tête reposée.

L’expression est devenue populaire aux États-Unis en 2008. Cet été-là, le prix des carburants flambe. Contraction des mots « stay » (rester) et « vacation » (congés), le « staycation » signifie à peu de choses près « rester en vacances à la maison ». Une attitude résolument pragmatique et optimiste, mêlant, à peu de frais, des activités de détente chez soi et à l’extérieur (musée, parc d’attraction…), dans un périmètre suffisamment restreint pour rentrer dormir chez soi le soir et ainsi limiter les frais.

Mais depuis plusieurs mois, cette définition a évolué. Le concept de staycation désigne également une pratique nouvelle de plus en plus prisée par les citadins : séjourner à l’hôtel le dimanche soir pour s’évader sans changer de ville, en profitant de tarifs attractifs.

Prenons Paris. Deuxième ville hôtelière au monde après Londres, notre capitale connaît déjà une diminution – naturelle – des réservations le dimanche soir. Si l’on ajoute à cette baisse une chute de 10% de la fréquentation touristique depuis les attentats de novembre 2015… On imagine le nombre de chambres vacantes. C’est sur ce créneau que de nouvelles initiatives apparaissent, comme Staycation.fr , une start-up qui envoie à ses abonnés chaque mercredi une newsletter avec des offres négociées (jusqu’à – 64 %) pour le dimanche suivant. Des hôtels sélectionnés pour leur piscine privatisable ou leur patio, avec une prestation agrémentée de cocktails conçus par l’Experimental Cocktail Club, d’une bouteille de Prosecco ou encore de pâtisseries signées Christophe Michalak. De quoi combler les attentes des couples, mais aussi doper le moral des professionnels à la veille d’une réunion ou d’un séminaire. Le projet d’une déclinaison « en régions » plaide d’ailleurs dans ce sens. À quand un référencement auprès des comités d’entreprises ?

TROIS QUESTIONS À MATHIEU DUGAST, CO-FONDATEUR DE STAYCATION.FR :

Comment est venue l’idée de lancer Staycation.fr ?

Mathieu Dugast : La scène hôtelière à Paris est l’une des plus belles du monde, cela va des boutiques hôtels aux hôtels de luxe. Pourquoi les parisiens n’en profiteraient pas ? D’un côté, il y a des hôteliers qui trouvent le dimanche soir trop calme. De l’autre, des gens qui veulent casser la routine, changer leurs habitudes en restant près de chez eux. Chacun y prend ce qu’il veut. Piquer une tête dans la piscine, profiter d’un jardin sur le toit… Et le lendemain au réveil on a l’impression d’être ailleurs, d’avoir voyagé. 

Le staycation a-t-il sa place dans un cadre professionnel ?

Absolument. La formule n’est pas prisée uniquement par les couples fuyant le blues du dimanche soir. La plupart de nos clients travaillent beaucoup… J’ai souvent entendu : « Cet hôtel, c’est ma maison de campagne dans ma propre ville, pour moins cher qu’un week-end. Et il n’y a rien de plus exaltant que de reprendre le chemin du boulot en arrivant avec son petit sac de voyage ». C’est un « booster » pour débuter la semaine. Commencer par un plongeon dans la piscine de l’hôtel Molitor avant d’enchaîner sur la réunion du lundi, c’est quelque chose ! On est requinqué, sur un petit nuage. Certains ajoutent : « J’allais quand même pas prendre le métro, alors j’ai pris un VTC pour prolonger le rêve ! »

On imagine que les clients sont attirés par des équipements bien spécifiques ?

Oui, c’est même un critère important. On peut décider de prendre une chambre avec une baignoire car on n’en a pas chez soi… Dans notre newsletter, on thématise tous nos hôtels, comme si c’était un film qu’on allait voir…  C’est presque un service de conciergerie : on envoie aux clients un texto avec les bons plans restos dans les environs. On a mis en place des petites animations, comme la livraison surprise de fleurs. Certains veulent juste passer l’après-midi dans un bon bain ! Ainsi, une cliente dont l’accouchement était programmé le lundi matin s’est offert un staycation avec son mari la veille au soir.